arrêt


arrêt

arrêt [ arɛ ] n. m.
arest 1175; de arrêter
A
1Action d'arrêter ou de s'arrêter (dans sa marche, son mouvement); état de ce qui n'est plus en mouvement. L'arrêt d'un train en gare; des autobus aux stations. Cinq minutes d'arrêt. Arrêt accidentel. 2. panne. Ne pas descendre avant l'arrêt complet du véhicule. Nous ferons quelques arrêts au cours de notre voyage. étape; escale, halte . Fam. Arrêt(-)buffet, arrêt(-)pipi : halte au cours d'un déplacement pour se restaurer, satisfaire un besoin naturel. — Voitures à l'arrêt. stationnement. Bande d'arrêt d'urgence, sur une autoroute. Chien à l'arrêt, qui tombe en arrêt; chien d'arrêt.
2Fin ou interruption d'un fonctionnement. Arrêt d'un moteur. Arrêt du cœur : syncope.
Fin ou interruption d'une activité, d'un processus. interruption, pause. Arrêt des affaires. gel, stagnation. Arrêt des hostilités. suspension; cessation, 1. fin. Arrêt du travail. Arrêt de travail : congé de maladie. — Cin., vidéo Arrêt sur image : interruption volontaire et provisoire d'une projection sur une image.
♢ SANS ARRÊT : sans interruption, sans discontinuer. ⇒ cesse, relâche, répit, repos. Ils se disputent sans arrêt. « Pluie sans arrêt depuis deux jours » (A. Gide). — TEMPS D'ARRÊT : court intervalle ou repos dans des mouvements qui doivent s'exécuter avec précision. Marquer un temps d'arrêt. interruption, pause.
♢ D'ARRÊT : destiné à arrêter, à bloquer. Tir d'arrêt, pour briser l'attaque adverse. Coup d'arrêt. Cran d'arrêt.
3Par méton. Endroit où doit s'arrêter un véhicule de transport en commun. station. Attendre à l'arrêt d'autobus ( abribus, aubette) . Descendre au prochain arrêt.
4Vx Action d'arrêter une personne ou des biens. arrestation. Dr. Saisie-arrêt.
Mod. Mandat d'arrêt : ordre d'arrestation et de mise en détention provisoire délivré par un juge d'instruction contre un inculpé en fuite. — Maison d'arrêt : prison.
♢ ARRÊTS : sanction disciplinaire infligée à un officier ou un sous-officier. Mettre un militaire aux arrêts. Arrêts forcés ou de rigueur, portant défense de sortir d'un local spécial. Arrêts de forteresse, condamnant à la prison militaire.
5Pièce, chose qui arrête. arrêtoir, butée, cliquet , taquet. L'arrêt d'un fusil, d'une serrure.
B
1Décision d'une cour souveraine ou d'une haute juridiction. jugement; 1. arrêté (2o). Arrêt de la Cour de cassation, de la cour d'appel, de la cour d'assises, du Conseil d'État. Rendre un arrêt.
2Fig. (Vx ou littér.) Les arrêts du destin, de la Providence. décret. « de par les arrêts du goût et de l'esthétique » (Sand). jugement.
⊗ CONTR. 2. Marche, mouvement. Continuation. ⊗ HOM. Haret.

arrêt nom masculin Action d'arrêter, de s'arrêter ; interruption, cessation d'une action, d'un fonctionnement, etc. ; état de ce qui est arrêté : Véhicule qui fait des arrêts fréquents. Décider l'arrêt des poursuites. Un arrêt de travail de trois jours. Station, endroit où s'arrête un véhicule de transport en commun : Un arrêt d'autobus. Bâtiment Pièce de quincaillerie servant à maintenir ouverts un volet, une persienne. Droit Décision rendue par toute juridiction portant le nom de « cour », ainsi que par le Conseil d'État. Défense faite, en cas de troubles, aux navires marchands de quitter momentanément leur mouillage. Opposition mise sur des marchandises ou sur un navire par une puissance étrangère. Habillement En tricot, série de mailles rabattues l'une sur l'autre après avoir été tricotées, de façon à former une chaînette. Histoire Décision des parlements et autres cours souveraines et du Conseil du roi. Militaire Action défensive ayant pour but de bloquer l'avance adverse. Sports En escrime, action de contre-offensive qui consiste à toucher avant la fin de l'attaque adverse. ● arrêt (difficultés) nom masculin Emploi 1. Arrêt complet (d'un véhicule) : cette expression forme pléonasme, car un arrêt, au sens de « cessation du mouvement », est nécessairement « complet » : s'il y a encore mouvement, c'est que précisément il n'y a pas arrêt. Recommandation Employer arrêt seul. Remarque Cette expression contestable est employée dans l'avis traditionnel aux voyageurs des chemins de fer français : « Ne pas ouvrir les portières avant l'arrêt complet du train » (= avant que le train ne soit immobilisé). 2. Arrêt complet (d'une activité) : l'expression forme également pléonasme. Néanmoins, il est habituel de distinguer aujourd'hui entre l'arrêt complet du travail (lors d'une grève) et l'arrêt partiel (qui ne touche que certains secteurs de la production, certains ateliers, certains dépôts, etc.). Dans l'usage courant, arrêt complet (d'une activité), par opposition à arrêt partiel, peut donc être accepté. Recommandation Dans l'expression soignée, on peut recourir à des équivalents et opposer par exemple l'arrêt temporaire de l'activité à son arrêt prolongé. Emploi Ne pas confondre ces deux mots de sens proche. 1. Arrêt = décision rendue par une juridiction supérieure. Arrêt de la Cour de cassation, du Conseil d'État. 2. Arrêté = décision de certaines autorités administratives. Arrêté municipal, préfectoral. ● arrêt (expressions) nom masculin Littéraire. Arrêt du Destin, de la Providence, etc., événement malheureux auquel on ne saurait s'opposer. Arrêt (de) maladie, interruption de travail due à un accident de santé, et enregistrée à la Sécurité sociale. Arrêt de mort, décision d'un tribunal condamnant quelqu'un à la peine capitale ; attitude, événement qui risque de provoquer la mort ou la ruine de quelqu'un, d'une entreprise. Être, tomber, rester en arrêt devant quelque chose, quelqu'un, s'arrêter soudain, rester immobile devant eux, sous l'effet de la surprise ou de l'admiration. Sans arrêt, continuellement, sans cesse. Temps d'arrêt, courte période pendant laquelle un mouvement, une opération sont suspendus. Arrêt de cuirasse, de lance, dispositif permettant au chevalier d'assurer sa lance. Distance d'arrêt, distance minimale parcourue par un véhicule avant de s'arrêter devant un obstacle. Signal d'arrêt, signal (fixe ou mobile) prescrivant l'arrêt immédiat (signal d'arrêt absolu) ou à distance (signal d'arrêt différé). Chien d'arrêt, chien dressé à s'arrêter quand il sent le gibier. Forcer l'arrêt, en parlant du chien, s'élancer sur le gibier avant qu'on le lui commande. Tenir l'arrêt, en parlant du chien, demeurer immobile devant le gibier. Tomber en arrêt, en parlant du chien courant, sentir le gibier. Arrêt de travail, interruption du travail prescrite par un médecin à un salarié en cas de maladie, maternité ou d'accident du travail. Maison d'arrêt, prison destinée à recevoir les personnes mises en examen, prévenus et accusés soumis à la détention provisoire et, dans un quartier distinct, les condamnés à une peine de moins d'un an. Mandat d'arrêt, ordre donné par un magistrat ou une juridiction, en joignant à la force publique de rechercher un individu, de procéder à son arrestation et de le placer en détention. Point d'arrêt d'une courbe, point où n'aboutit qu'un seul arc de la courbe. Point d'arrêt, en couture, point de finition formé par une simple bride plate ou par une série de points entrecroisés en triangle et utilisés comme ornement pour fixer un pli, une poche, etc. Arrêt cardio-circulatoire, cessation spontanément irréversible d'une activité cardiaque efficace, entraînant un arrêt de la perfusion d'organes vitaux. Bain d'arrêt, solution interrompant l'action du révélateur sur un phototype. Arrêt de volée, au rugby, sur coup de pied adverse, réception du ballon avant qu'il touche le sol, les deux pieds au sol et en deçà de la ligne des 22 m. ● arrêt (homonymes) nom masculin haret adjectif et nom masculinarrêt (synonymes) nom masculin Action d'arrêter, de s'arrêter ; interruption, cessation d'une action, d'un fonctionnement...
Synonymes :
- fin
Contraires :
- évolution
Station, endroit où s'arrête un véhicule de transport en commun
Synonymes :
Droit. Décision rendue par toute juridiction portant le nom de « cour »...
Synonymes :
- arrêté
- décret
Sans arrêt
Synonymes :
- sans relâche
- sans trêve

arrêt
n. m.
d1./d Action d'arrêter; fait de s'arrêter. Ne pas ouvrir la portière avant l'arrêt complet du train.
|| CHASSE Chien d'arrêt, dressé à s'arrêter devant le gibier.
d2./d Pièce qui sert à arrêter, à bloquer. Arrêt de porte.
d3./d Endroit où s'arrête un véhicule de transports en commun. Un arrêt d'autobus.
d4./d (Québec) Signal routier ordonnant d'immobiliser un instant son véhicule. Syn. stop.
d5./d Décision d'une juridiction supérieure. Arrêt d'une cour d'appel.
d6./d Action d'arrêter (qqn). Mandat d'arrêt: ordre d'arrestation.
|| Maison d'arrêt: prison.
d7./d (Plur.) Sanction (défense de sortir ou de s'éloigner d'un lieu fixé pendant une période déterminée) prise contre un officier ou un sous-officier. Mettre qqn aux arrêts.

⇒ARRÊT, subst. masc.
I.— Emploi actif.
A.— Action d'arrêter, de s'arrêter, d'interrompre un mouvement (au propre ou au fig.).
1. [En parlant d'une pers. ou d'une chose] Action d'arrêter, de s'arrêter; résultat de cette action.
a) Fait d'interrompre un mouvement :
1. Il y a un imbécile de père, qui dépose d'une voix lente et basse, avec des silences réfléchissants et vides, où il polit vaguement de son gant la barre du tribunal, des absences d'une mémoire qui semble avoir sombré dans son chagrin, des arrêts de voix, où l'homme se passe lentement la main sur la figure et devant les yeux pour en chasser quelque chose, des Ah! aux demandes du président, qui sont comme des réveils en sursaut à un coup qu'on lui frapperait au cœur.
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1869, p. 503.
Point d'arrêt. Le lieu où l'on s'arrête, le point de repos :
2. Une voie ferrée est fixe par définition; le train est rivé à un parcours fixe et à des stations fixes; aux points d'arrêt il faut décharger et transborder les marchandises : ...
J. BRUNHES, La Géogr. humaine, 1942, p. 114.
P. ext. Temps pendant lequel quelque chose est suspendu, arrêté, interrompu :
3. Après un arrêt de quelques jours chez nos parentes de Saint-Pierre-d'Oléron (ma grand'tante Claire et les deux vieilles demoiselles ses filles), nous étions allés demeurer tous trois seuls à la Grand'Côte, ...
LOTI, Le Roman d'un enfant, 1890, p. 84.
Sans arrêt. De manière continue, sans interruption :
4. Les amants qui d'habitude se disent adieu, au seuil de la mort, sont destinés à se revoir sans arrêt, à se heurter sans fin dans la vie future, à se coudoyer sans répit, à se pénétrer sans répit, puisqu'ils seront des ombres dans le même domaine. Ils se quittent pour ne plus se quitter.
GIRAUDOUX, Ondine, 1939, III, 6, p. 218.
Temps d'arrêt. Courts intervalles ou repos observés entre certains mouvements qui doivent s'exécuter avec précision et régularité.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que ds ROB., Lar. encyclop. et QUILLET 1965.
Au fig. ou dans un domaine abstr. Interruption limitée dans le temps, suspension, rupture dans la continuité :
5. Ici une arcade soutenue par des colonnes marque, dans la longue galerie, une sorte de temps d'arrêt.
T. GAUTIER, Guide de l'amateur au Musée du Louvre, 1872, p. 102.
MUS. Point d'arrêt. Synon. de point d'orgue. (ROUGNON 1935).
Lieu où l'on s'arrête, en partic., où s'arrête régulièrement un véhicule de transport en commun, station d'autobus ou de tramway. Arrêt d'autobus (G. ROY, Bonheur d'occasion, 1945, p. 93).
Au fig., vieilli. [En parlant d'un homme] Léger, volage, sur lequel on ne peut compter. Il n'a point d'arrêt, c'est un esprit sans arrêt.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe siècle.
Spécialement
ÉQUIT. Action du cheval quand il s'arrête; action de la main pour arrêter le cheval.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe siècle.
♦ Action de la main pour ralentir le mouvement sans le faire cesser.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que ds Ac. 1932.
ESCR. Coup d'arrêt. ,,Coup pris sur une manche avec opposition.`` (Ac. Compl. 1842).
Rem. Attesté également ds la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que ds DG, Lar. encyclop., QUILLET 1965.
Au fig. :
6. Stratégie de représailles massives. Le 12 mars 1947, la doctrine Truman remplace la politique d'apaisement de Roosevelt. Les menaces graves sur la Grèce et la Turquie ont, à la fin, ouvert les yeux des Américains, sinon encore ceux des Européens. Elle marque un coup d'arrêt certain à l'expansion soviétique.
P. BILLOTTE, Considérations stratégiques, 1957, p. 4203.
VÉN. ,,... Action d'un chien couchant qui s'arrête quand il sent la perdrix ou quelqu'autre gibier.`` (BAUDR. Chasses 1834) :
7. Le chien porte un grelot d'un son léger. Doux assez pour ne point donner trop tôt l'éveil à l'oiseau, clair assez pour permettre de suivre la quête et de saisir l'arrêt. On va, de sentier en sentier, à pas étouffés. Autour de vous, devant vous, le chien bat les taillis. Il disparaît, il reparaît; (...). Le grelot n'a cessé de résonner, et le chien, caché par un tronc, dont on ne voyait plus que le fouet, retourne sur ses pas, inquiet, affairé, en reniflant. On pousse plus loin. (...) Tout à coup la quête s'anime. Le chien a un frémissement joyeux. Une odeur vivante l'attire et l'enivre. Il se faufile sous les houx, il écarte les fougères, il rampe, il se hâte vers le but flairé. Il ralentit. Et puis il steppe, il passage comme un cheval ardent et puis fait halte, suspendu sur trois pieds. Le grelot qui carillonnait s'est tu. Et c'est l'arrêt... Un roncier cache encore l'oiseau. Il a perçu le bruit du grelot, et il a fui : pas longtemps, car il a les pattes courtes; vainement, car son fumet le trahissait.
PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, pp. 206-207.
(Être) en arrêt (devant le gibier) (RENARD, Poil de Carotte, 1894, p. 231). se mettre en arrêt, Médor alors tomba en arrêt en me regardant. (MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 2, La Rouille, 1882, p. 791). Tenir le gibier en arrêt. ,,L'empêcher de partir`` (QUILLET 1965 qui l'atteste seul). Forcer l'arrêt. S'élancer sur le gibier avant l'arrivée du chasseur ou avant commandement (BESCH. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop.). Chien d'arrêt. Chien de chasse, qui s'arrête quand il voit ou sent le gibier, par opposition à chien courant :
8. ... pour en finir avec la chasse du lièvre au chien d'arrêt, disons que pour attrayante qu'elle puisse être, elle doit être pratiquée avec la plus extrême modération. Un chasseur digne de ce nom tire au déboulé, à l'arrêt de son chien, un lièvre parfois deux; il respecte les autres.
F. VIDRON, La Chasse en plaine et au bois, 1945, p. 16.
Au fig. Tomber, rester en arrêt. S'arrêter et rester immobile devant quelque chose :
9. De retour au manoir, (...) elle [Madame de Vaubert] ouvrit brusquement la fenêtre, et, comme une chatte qui guette une souris, tomba en arrêt devant le château de La Seiglière, dont la lune faisait en cet instant étinceler toutes les vitres. Malgré la fraîcheur de la nuit, elle demeura près d'une heure, accoudée sur le balcon, en contemplation muette.
SANDEAU, Mlle de la Seiglière, 1948, p. 258.
b) Arrêt + de + subst. Cessation, suspension de quelque chose.
BIOL. ou PHYSIOL. Arrêt de développement. ,,Cessation du développement d'un ou de plusieurs éléments, lequel ne peut pas atteindre les limites ordinaires : l'assimilation ne l'emporte plus sur la désassimilation; il y a égalité entre ces deux actes élémentaires, égalité qui peut durer plus ou moins longtemps`` (LITTRÉ-ROBIN 1865). Cf. aussi CARREL, L'Homme, cet inconnu, 1935, p. 309.
LÉGISL. DU TRAVAIL. Arrêt du Travail. ,,Expression qui tend de plus en plus à se substituer au mot « chômage » que la cessation du travail soit normale (congé, maladie, accidents, etc...) ou qu'elle résulte de mouvements sociaux (grèves, lock-out) ou enfin d'accidents`` (ROMEUF t. 1 1956). (Cf. Traité de sociol., 1967, p. 497).
SYNT. Arrêt du train; arrêt du cœur, de croissance, de digestion, de développement, du mouvement, de la vie; arrêt de production, du travail; arrêt brusque, brutal, complet, définitif, momentané, total; arrêts fréquents, intermittents, obligatoires, prolongés, soudains, subits, successifs, temporaires; descendre à l'arrêt, être à l'arrêt, marquer l'arrêt.
2. Action, fondée en droit, de saisir quelqu'un en le privant de la liberté de circuler.
a) DR., rare. Saisie d'une personne. Synon. plus usuel arrestation :
10. ... la gendarmerie de Marly prévint mon oncle Charles et mon père d'avoir à passer vers trois heures de l'après-midi au Ministère de la Justice. Rebendart les convoquait. Pendant le déjeuner, Moïse arriva en automobile et nous apprit que l'ordre d'arrêt était signé.
GIRAUDOUX, Bella, 1926, p. 180.
Subsiste dans les expressions :
Mandat d'arrêt. ,,Ordre d'incarcération motivé en fait et en droit.`` (CAP. 1936). Être sous le coup d'un mandat d'arrêt :
11. Un décret du nouveau pouvoir permet aux préfets d'incarcérer qui ils veulent dans leurs départements, et les préfets à leur tour envoient des mandats d'arrêt en blanc, c'est-à-dire de véritables lettres de cachet, aux sous-préfets placés sous leurs ordres.
TOCQUEVILLE, Correspondance [avec Henry Reeve], 1851, p. 127.
Maison d'arrêt. ,,Prison affectée aux détenus en état de détention préventive.`` (CAP. 1936) :
12. ... Greslou est aujourd'hui détenu dans la maison d'arrêt de Riom et doit comparaître aux assises de cette ville, dans la session de février, ou aux premiers jours de mars, comme accusé d'avoir empoisonné Mlle de Jussat-Randon.
P. BOURGET, Le Disciple, 1889, p. 38.
Rem. Lorsqu'il s'agit de saisie d'argent, on ne dit plus guère que saisie-arrêt ou opposition :
13. ... 2. Les retenues judiciaires. — Elles peuvent être opérées par saisies-arrêts sur le traitement des fonctionnaires et sur les arrérages de leurs pensions, d'après la loi du 21 ventôse an IX (17 mars 1801), et l'article 580 du code de procédure civile; cet article fixe une quotité invariable, quelle que soit la nature ou la cause de la créance, en vertu de laquelle est opérée la saisie-arrêt.
J. BARADAT, L'Organ. d'une préfecture, 1907, p. 54.
b) Au plur.
MILIT. (discipline). ,,Sanction disciplinaire restrictive de liberté, qui peut être infligée aux officiers et sous-officiers par la seule décision de leurs supérieurs hiérarchiques. On distingue : 1° les arrêts simples;les arrêts de rigueur;les arrêts de forteresse`` (CAP. 1936); Arrêts simples ,,le militaire (...) fait son service mais doit garder la chambre en dehors de ce service`` (CAP. 1936); Arrêts de rigueur ou forcés ,,le militaire (...) cesse son service et est enfermé dans un local spécial`` (CAP. 1936); arrêts de forteresse ,,... [ils] sont subis dans une prison militaire`` (CAP. 1936) :
14. S'il y a lieu à sanctions, appliquer les sanctions réglementaires et les notifier sous la forme prescrite par les règlements. Éloigner et isoler sans délai tout individu faisant preuve d'indiscipline ou de mauvais esprit (prison, arrêts de rigueur, arrêts de forteresse).
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1954, p. 434.
SYNT. Forcer, garder, lever les arrêts; mettre aux arrêts; jours d'arrêts.
Rare (de manière plus gén.) :
15. « ... le prince s'efforce de briser l'épée du maréchal et se coupe les mains. Il crie : À moi, les gardes du corps! Qu'on le saisisse! » Les gardes du corps accoururent; sans un mouvement de tête du maréchal, leurs baïonnettes l'auraient atteint au visage. Le duc de Raguse est conduit aux arrêts dans son appartement.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 624.
Vx, p. anal. Punition infligée à l'élève d'un établissement d'enseignement :
16. — Le troisième banc s'est signalé par ses vociférations, répondit le malheureux mathématicien. — Que tous les élèves du troisième banc descendent, continua le censeur, on va les conduire aux arrêts. Je faisais partie de ce troisième banc qui s'était effectivement distingué par des hurlements de cannibales. Nous descendîmes au nombre de neuf; (...) Nous traversâmes la cour, nous montâmes sept étages, on ouvrit devant nous une porte garnie de gros verrous et on nous poussa chacun dans une cellule séparée.
DU CAMP, Mémoires d'un suicidé, 1853, p. 57.
P. ext. Le lieu où sont conduits les élèves punis d'arrêts :
17. Joanny demanda la permission de sortir de l'étude. (...) Il y avait, au bout d'un couloir, à côté des arrêts, une salle de classe abandonnée. La porte en avait été condamnée; (...). Les plus rêveurs d'entre les gosses, le petit Camille Moûtier, par exemple, n'imaginaient pas sans frémir l'aspect de cette chambre morte. Et le voisinage des arrêts, où on n'était enfermé que dans les cas les plus graves, achevait de la rendre sacrée, dévouée aux dieux redoutables.
LARBAUD, Fermina Marquez, 1911, pp. 202-203.
B.— P. méton. Ce qui arrête (cf. arrêtoir); ce qui sert à arrêter.
1. Nom donné en général à toute pièce, tout élément naturel ou fabriqué, destiné à arrêter (un mouvement, un écoulement, etc.) avec application en chirurgie, horlogerie, serrurerie, technologie :
18. [Avec le camion à benne basculante, après déchargement et dégagement de la benne] (...) il suffira que le conducteur, reprenant sa route de retour, freine légèrement (...) pour que la vitesse acquise entraînant la benne, (...) celle-ci vienne buter sur des arrêts appropriés et s'enclancher dans un dispositif spécial.
J. CAHEN, E. BRUET, Carrières, plâtrières, ardoisières, 1926, p. 159.
Rem. Arrêt s'emploie seul ou bien comme compl. de nom (subst. + de + arrêt) :
19. Le rein est un véritable organe d'arrêt pour les staphylocoques déversés dans le torrent circulatoire.
M. MACAIGNE ds (F. Widal, P.-J. Teissier, G.-H. Roger, Nouv. traité de méd., 1926, p. 319).
SYNT. Clavette, cliquet, cran, freins, ligature, plaque, robinet, signal, taquet, valve, vis d'arrêt.
2. Spécialement
a) COUT. Point solide ou ganse placé à l'extrémité des ouvertures, afin d'empêcher que l'étoffe ou le linge ne se déchire :
20. 1° Débâtir les hauts et faire les arrêts du gousset de montre.
A. GENDRON, Le Métier de tailleur (culottières), 1927, p. 45.
Le ou les points qui terminent une couture. (Attesté ds Lar. 19e et Lar. encyclop.).
b) TECHNOL. (armure).
Arrêt de cuirasse. Sorte de crochet soit fixe, soit à charnières, vissé du côté droit du plastron et servant de point d'appui à la lance couchée.
Arrêt de lance. ,,Sorte de bracelet de cuir entourant la hampe en arrière de la main du jouteur, bracelet dont la saillie venait buter contre l'arrêt de cuirasse et s'opposait ainsi au recul de la lance.`` (LELOIR 1961) :
21. Chaque fois que Joseph montait dans sa voiture et saisissait le volant entre ses mains gantées, il éprouvait un sentiment comparable à celui du chevalier qui, tout roide en son armure, bien calé sur son palefroi, les rênes au poing, la lance en arrêt, part pour la conquête du monde, sur le chemin des aventures.
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 29.
Au fig. Être la lance en arrêt, mettre la lance en arrêt. Être sur ses gardes, sur le qui-vive.
II.— Emploi passif. Ce qui est arrêté, décidé.
A.— Décision d'une autorité supérieure, comportant obligation de s'y soumettre :
22. Denys d'Halicarnasse, qui avait consulté les documents originaux, dit qu'avant l'époque des Décemvirs tout ce qu'il y avait à Rome de lois écrites se trouvait dans les livres des prêtres. Plus tard la loi est sortie des rituels; on l'a écrite à part; mais l'usage a continué de la déposer dans un temple, et les prêtres en ont conservé la garde. Écrites ou non, ces lois étaient toujours formulées en arrêts très-brefs, que l'on peut comparer, pour la forme, aux versets du livre de Moïse ou aux slocas du livre de Manou.
FUSTEL DE COULANGES, La Cité antique, 1864, p. 242.
Rem. Ds l'ex. suiv., arrêt est synon. de arrêté :
23. ... la fermeture s'était faite quelques heures avant que l'arrêt préfectoral fût publié, et, naturellement, il était impossible de prendre en considération les cas particuliers.
CAMUS, La Peste, 1947, p. 1271.
B.— ,,Décision de toute juridiction portant le nom de Cour (Cour de cassation, Cour d'appel, Cour des Comptes, Haute-Cour de justice, Cour d'assises) et du Conseil d'État.`` (CAP. 1936). Arrêt de mort :
24. 1. La Haute-Cour ne peut statuer que sur les faits dont elle est saisie par l'arrêt de renvoi; elle peut en modifier la qualification « dans les limites du Code pénal » (Art. 22).
2. Dans sa délibération la Haute-Cour vote d'abord sur la culpabilité et les circonstances atténuantes, puis sur l'application de la peine (Art. 23 et 24).
3. L'arrêt est motivé.
4. En cas de constitution de partie civile, la Haute-Cour statue sur les intérêts civils.
D — Absence de toute voie de recours. L'arrêt ne peut être attaqué ni par la voie de l'appel ni par celle du recours en cassation. Le texte n'interdit pas le recours en revision, bien qu'il ne l'organise pas.
G. VEDEL, Manuel élémentaire de dr. constitutionnel, 1949, p. 550.
SYNT. Arrêt du Conseil de guerre, du Conseil d'État, de la Cour d'Appel, de la Cour d'Assises, de la Cour de Cassation; arrêt de réhabilitation; recueil d'arrêts; arrêt confirmatif, définitif, exécutoire, impérial, souverain; casser un arrêt, motiver, prononcer, rendre, signer, signifier, révoquer un arrêt.
Au fig. Événement que l'on considère comme émanant d'une autorité, d'une puissance supérieure et contre lequel on ne peut rien :
25. Il est vrai qu'il [le prospectus] invoquait, pour la faire venir au grand-hôtel de Balbec, non seulement « la chère exquise » et le « coup d'œil féerique des jardins du Casino », mais encore les « arrêts de sa majesté la mode, qu'on ne peut violer impunément sans passer pour un béotien, ce à quoi aucun homme bien élevé ne voudrait s'exposer ».
PROUST, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918, p. 664.
SYNT. Arrêt du ciel, de la conscience, du destin, de la fortune, de l'opinion, de la Providence, du sort; arrêt définitif, équitable, fatal, solennel; prononcer, rendre, signer, signifier un arrêt.
1. DR. ANC. Arrêts du Conseil. ,,On appelait ainsi sous l'ancienne monarchie, les décisions rendues par le conseil du roi, soit par voie de disposition générale sur des matières d'intérêt public, soit par voie de jugement sur des contestations particulières.`` (BLANCHE 1857).
Rem. Attesté ds BESCH. 1845, Lar. 19e, GUÉRIN 1892, Nouv. Lar. ill.
2. DROIT
a) Vx. Arrêt-brandon. Synon. vieilli de saisie-brandon.
b) Arrêt de doctrine, de principe. ,,Arrêt émanant d'une haute juridiction, spécialement du Conseil d'État ou de la Cour de Cassation, auquel les commentateurs attachent une importance particulière, en raison de la difficulté ou de la gravité de la question qu'il tranche.`` (CAP. 1936).
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop.
c) Arrêt d'espèce. ,,Arrêt inspiré par les circonstances particulières d'une affaire, plus que par des considérations purement juridiques.`` (CAP. 1936).
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop.
d) Arrêt de cassation. ,,A. Arrêt par lequel la Cour de Cassation prive d'autorité une décision en dernier ressort d'une juridiction judiciaire, et renvoie devant un nouveau juge, de même rang que le précédent, pour statuer à nouveau sur la même affaire (...)`` (CAP. 1936).
Rem. Attesté ds Lar. 19e, GUÉRIN 1892, Nouv. Lar. ill.
e) Arrêt de cassation. ,,B. Arrêt par lequel le Conseil d'État prive d'autorité une décision en dernier ressort d'une juridiction administrative et renvoie devant les mêmes juges qui statuent à nouveau sur la même affaire conformément à l'arrêt de cassation.`` (CAP. 1936).
f) Arrêt de renvoi. ,,Arrêt par lequel une Cour de justice désigne, dans les cas prévus par la loi, la juridiction devant laquelle l'affaire sera portée. Ex. : arrêt de renvoi après cassation (...); arrêt de renvoi devant la Cour d'assises; (...)`` (CAP. 1936).
Rem. Attesté ds GUÉRIN 1892.
SYNT. Arrêt confirmatif, contradictoire, par défaut, définitif, infirmatif, interlocutoire, préparatoire, provisoire, solennel; arrêt d'absolution, d'accord (ou d'expédient), d'admission, d'avance, de condamnation, de débet, de décharge, d'entérinement, de non-lieu, de quitus, de réformation, de rejet, de renvoi, sur requête.
Rem. On rencontre dans la docum. arrêteau, subst. masc., synon. dial. de arrêt (I B 1), (COLETTE, Claudine en ménage, 1902, p. 64) et arrêtement, subst. masc., synon. rare de arrêt (I B 2a) (Mme ARNOU, Le Métier de tailleur, Giletière, 1952-53, p. 31), dont l'emploi, peu usité d'ailleurs, en cout. n'a rien de commun avec l'anc. arrêtement (« action de s'arrêter, séjour » et « arrêt, saisie, arrestation »).
COMP. Arrêt-barrage, subst. masc.Mines (et carr.). ,,Dispositif (...) [ayant] pour but de projeter instantanément, sur le front d'arrivée de la flamme d'une explosion éventuelle, une quantité suffisante d'eau ou de matière incombustibles`` (J.-N. HATON DE LA GOUPILLIÈRE, Cours d'exploitation des mines,1905, p. 1277). ,,S'agit-il de poussières? Les mesures à prendre sont : la suppression des dépôts, l'arrosage des galeries et des chantiers au moment des coups de mine, la schistification des galeries, la construction d'arrêts-barrages compartimentant la mine — ces barrages sont constitués de matières incombustibles ou d'eau.`` (E. SCHNEIDER, Le Charbon, 1945, p. 257). (1905, J.-N. HATON DE LA GOUPILLIÈRE, Cours d'exploitation des mines, p. 1277; comp. de arrêt et de barrage).
PRONONC. ET ORTH. — 1. Forme phon. :[]. Enq. :/, (D)/, [] ou []. 2. Homon. : haret. 3. Hist. — FÉR. 1768 rappelle que le mot ,,s'écrivait autrefois avec un s, arrest [qu'] on lui a substitué le chevron sur l'ê``. Il ajoute qu'on ne prononce qu'un r. Pour FÉR. Crit. t. 1 1787, r est ,,forte`` (cf. aussi GATTEL 1841) et il propose la graph. ârêt (1re et 2e syllabes longues). LITTRÉ et DG signalent que ,,le t ne se lie que dans la prononciation soutenue``. Arrêtement. Seule prononc. ds LITTRÉ : a-rê-teman. Arrête-barrage. Lar. encyclop. emploie comme vedette : arrêt-barrage; plur. des arrêts-barrages.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. 1172-75 « action de s'arrêter (dans sa marche, son mouvement) » (CHR. DE TROYES, Chevalier Charrette, éd. W. Foerster, 301 ds T.-L. : Li chevaliers sanz nul arest S'an vet poignant par la forest); 2. a) 1244, déc. « convention, traité » (Arch. Douai, cart. L, f° 66 ds GDF. : Si presta on me dame de le priere qu'elle fit a ses viles por les deniers qu'elle prist as deniers de l'arriest des Englois; quand les autres viles li prestoient eut ele de le vile de Douay 400 livres d'esterlins); b) 1356 « décision d'une cour souveraine ou d'une haute juridiction » (Ord., ap. Laborde ds GDF. Compl. : Tous les procez vielz et nouveaux dont les parties sont et seront en arrest); 3. 1275 « saisie de la personne ou des biens » (Ch. de Gui comte de Fland., A. Douai, lay. 131, pièce 24, ibid. : Quankes on a trouvee en arest et quankes on i trouvera dou leur et de nos bourgois de ces trois viles en Engleterre [...], nous lor renderons et paierons); 4. 1er tiers XIVe s. « chose qui arrête » (Perceforest, vol. 2, f° 32d, ibid. : Si va pour se seoir sur le perron; mais il ne trouvast point d'arrest, si va cheoir les jambes levees en un flos qui derriere luy estoit).
Déverbal de arrêter.
STAT. — Fréq. abs. littér. :2 590. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 2 990, b) 3 230; XXe s. : a) 3 746, b) 4 479.
BBG. — BACH.-DEZ. 1882. — BARB.-CAD. 1963. — BARR. 1967. — BARR. Suppl. 1967. — BAUDR. Chasses 1834. — BAUDR. Pêches 1827. — BAULIG 1956. — BÉL. 1957. — BLANCHE 1857. — BOUILLET 1859. — BURN. 1970. — Canada 1930. — CAP. 1936. — CHABAT 1881. — CHESN. 1857. — Chauss. 1969. — DUL. 1968. — FROMH.-KING 1968. — GALIANA Astronaut. 1963. — GAUTRAT Ski 1969. — GAY t. 1 1967 [1887]. — GIRAUD 1956. — GOBLOT 1920. — GUILB. Aviat. 1965. — JOSSIER 1881. — LABORDE 1872. — LACR. 1963. — LAFON 1969. — Lar. comm. 1930. — Lar. mén. 1926. — LE CLÈRE 1960. — LELOIR 1961. — LEMEUNIER 1969. — LEP. 1948. — LEW. 1968, p. 53. — LHOSTE-PÈPE 1964. — LITTRÉ-ROBIN 1865. — Méd. Biol. t. 1 1970. — Nucl. 1964. — NYSTEN 1824. — PIERREH. 1926. — PIERREH. Suppl. 1926. — Pol. 1868. — POPE 1961 [1952], § 564. — PRIVAT-FOC. 1870. — RÉAU-ROND. 1951. — RIGAUD (A.). Le Patois de l'arg. Vie Lang. 1971, n° 229, p. 236. — ROMEUF t. 1 1956. — SANDRY-CARR. Manouche 1963. — Sexol. 1970. — SPR. 1967. — ST-EDME t. 1 1824.

arrêt [aʀɛ] n. m.
ÉTYM. 1175; déverbal de arrêter.
———
I
1 Action ou fait de s'arrêter (I.), d'interrompre un mouvement; résultat de cette action, situation, état qui en résulte. || L'arrêt brusque d'un marcheur, d'un coureur. || Arrêt d'un train en gare, d'un autobus à la station, d'une voiture au feu rouge.Loc. Arrêt buffet. → ci-dessous, 2. ☑ Fam. Faire un arrêt pipi : s'arrêter (notamment en voiture) pour permettre aux passagers de « faire leurs besoins ». || Arrêt prolongé d'un bateau au mouillage, au port. || Faire un arrêt. || Nous ferons plusieurs arrêts au cours du voyage. Étape, escale, halte, séjour. || Bande d'arrêt d'urgence, sur une autoroute.Arrêt provoqué d'une monture, d'un cheval ( Parade). || Arrêt dans un mouvement, dans sa course.Point d'arrêt : point, lieu où on s'arrête, où un mouvement s'arrête (ci-dessous, cit. 2). — ☑ Loc. adv. À l'arrêt : momentanément arrêté. || Voitures à l'arrêt ( Stationnement). — ☑ En arrêt (métaphore du sens 3, chasse). || Être en arrêt. || Tomber en arrêt : s'arrêter brusquement, l'attention en éveil (ci-dessous, cit. 4).
1 Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée,
Voltige incessamment de pensée en pensée (…)
Boileau, Satires, VIII.
2 Ils virent bien alors que j'étais d'une autre race qu'eux et que je continuerais à marcher quand ils auraient trouvé leur point d'arrêt.
Renan, Souvenirs d'enfance…, III, 3.
3 (…) cet équipage difficile à mener s'avance avec des à-coups, des arrêts, des sauts et des ruades.
Loti, Figures et Choses, V.
4 (…) je tombe en arrêt : ma vue se trouble, mon cœur se serre (…)
Émile Henriot, le Diable à l'hôtel, XIV (→ Aviser).
5 J'entends encore ce bruit décevant qui croît, fait naître l'espoir d'un arrêt, puis continue, décroît et s'éloigne.
A. Maurois, Climats, p. 253.
(Choses). || L'arrêt d'un flux, d'un courant. Interruption; stagnation. || L'arrêt anormal d'une substance dans l'organisme. Rétention, stase.
Par ext. (→ Arrêter I., A., 2.). Interruption (d'un fonctionnement). || Arrêt d'un moteur. || Arrêt volontaire d'un appareil. || Arrêt accidentel. Panne. || Interrupteur qui commande la marche (symb. international 1) ou l'arrêt (symb. 0) d'un appareil électrique.Arrêt des fonctions d'un organe. Inhibition.Loc. Arrêt du cœur. Syncope. || Arrêt de la sensibilité, de la motricité. Abolition, privation, suppression. || L'arrêt du développement.
Interruption ou fin (d'une activité, d'un processus). || Arrêt inespéré dans l'évolution, la marche d'une maladie. Rémission. || Arrêt des transactions, des affaires. Crise, stagnation. || Arrêt des hostilités, des combats. Cessation, fin, suspension; armistice, cessez-le-feu, trêve. || Arrêt du travail par la grève. — ☑ Loc. Arrêt de travail : interruption pour cause médicale, reconnue par la législation du travail. || Le docteur lui a fait, lui a donné un arrêt de travail de quinze jours.
Sans arrêt : sans interruption. Cesse, relâche, répit, repos.
5.1 Pluie sans arrêt depuis deux jours.
Gide, Voyage au Congo, in Souvenirs, Pl., p. 710.
Temps d'arrêt, se dit de courts intervalles ou repos dans des mouvements qui doivent s'exécuter avec précision. || Marquer un temps d'arrêt. Intervalle, interruption, pause, silence.
D'arrêt : destiné à arrêter. || Tir d'arrêt, pour briser l'attaque adverse. || Coup d'arrêt. Coup. || Cran d'arrêt. Cran.
2 Endroit où doit s'arrêter un véhicule automobile de transport en commun. Station (avec des différences d'usage : un arrêt d'autobus; une station de taxis). || Arrêt facultatif, obligatoire. || Attendre à l'arrêt d'autobus. Abribus, aubette (régional). || Il y a trop peu d'arrêts sur cette ligne. || Je descends au prochain arrêt. || L'arrêt est déplacé en raison des travaux.
Loc. Arrêt-buffet (vx) : gare munie d'un buffet; fig., arrêt (au sens 1) où l'on peut manger, se restaurer.
3 Chasse. Le fait de s'arrêter en sentant le gibier. || Entendre, saisir l'arrêt. — ☑ Loc. Chien en arrêt.Chien d'arrêt, qui s'arrête quand il sent le gibier (opposé à chien courant).
4 Sports. || Arrêt du ballon. Blocage, contrôle. || Le gardien a fait un bel arrêt.(1901, in Petiot). Rugby. || Arrêt de volée : arrêt marqué du ballon donnant droit à la remise en jeu.Arrêt de jeu : interruption du jeu par l'arbitre, en raison d'un incident.
5 Vx. Action d'arrêter (une personne, des biens). Arrestation, saisie; arrêter I., A., 5.
Loc. Vieilli. Faire arrêt sur… || On a fait arrêt sur sa personne et sur ses biens (Académie). Arrêter, saisir.
Mod. || Mandat d'arrêt : ordre d'incarcération délivré par le juge d'instruction. Mandat.
6 Après l'interrogatoire, ou en cas de fuite de l'inculpé, le juge pourra décerner un mandat de dépôt ou d'arrêt, si le fait comporte la peine de l'emprisonnement ou une autre peine plus grave.
Code d'instruction criminelle, art. 94.
Loc. Maison d'arrêt. Prison.
6 Arrêts (au plur.) : sanction disciplinaire infligée à un officier ou un sous-officier. || Mettre qqn aux arrêts. || Être aux arrêts. || Garder les arrêts. || Rompre les arrêts. || Lever les arrêts. || Arrêts simples, obligeant le militaire à garder la chambre en dehors de son service. || Arrêts forcés ou de rigueur, portant défense de sortir d'un local spécial. || Arrêts de forteresse, condamnant à la prison militaire.
6.1 (…) au lieu de vous tenir renfermé ici comme si vous étiez aux arrêts, montez à cheval et venez vous promener avec moi à Saint-Germain.
Dumas, les Trois Mousquetaires, t. I, p. 376.
7 J'inflige aux trois maîtres, sur votre demande, une punition équivalente, huit jours d'arrêts forcés.
Loti, Mon frère Yves, XXXIII.
7 Loc. Dr. Saisie-arrêt. Saisie.
Mar. || Arrêt de puissance : acte par lequel un État retient un navire étranger. || Arrêt de prince. Embargo. || Arrêt de marchandises. Blocus.
———
II Pièce, chose qui arrête. Arrêtoir, butée, cliquet, dent, digue, mentonnet, taquet, tenon. || Arrêt d'une lance : pièce du harnais où on appuyait la lance. || L'arrêt d'un fusil, d'une serrure. || Arrêt d'une boutonnière : point fait aux deux extrémités pour empêcher que le linge ou l'étoffe ne se déchire.
———
III
1 Décision d'une cour souveraine ou d'une haute juridiction. Jugement. || Arrêt de la Cour de cassation, de la Cour d'appel, de la Cour des comptes, de la Haute Cour, de la Cour d'assises. || Arrêt du Conseil d'État. || Arrêts du Parlement (sous l'Ancien Régime). || Prononcer, rendre un arrêt. || Arrêt d'annulation, de cassation, de rejet, de renvoi… ( Annulation, etc.).Arrêt de mort, entraînant la peine capitale. Fig. Ce qui est fatal à qqn.Arrêt confirmatif, infirmatif. || Les motifs (attendus, considérants); le dispositif d'un arrêt. aussi Arrêté.
8 Ils obtinrent un arrêt du conseil, qui défendit au parlement de connaître de cette affaire.
Pascal, les Provinciales, XIX. Lettre d'un avocat à un de ses amis.
9 Par cent arrêts rendus en forme solennelle (…)
La Fontaine, Fables, XII, 8.
9.1 (…) l'équitable Thémis a condamné cette créature, ne souffrons pas que les vues de la Déesse soient aussi cruellement frustrées, faisons subir à la délinquante l'arrêt de mort qu'elle aurait encouru : ce petit meurtre, bien loin d'être un crime, ne deviendra qu'une réparation dans l'ordre moral; puisque nous avons le malheur de le déranger quelquefois, rétablissons-le courageusement du moins quand l'occasion se présente (…)
Sade, Justine…, t. I, p. 69.
N. B. Ce sens correspond à arrêter I., B., 4. (décider), et à s'arrêter, 4.
2 Fig. (Vx ou littér.). || Les arrêts du destin, de la Providence… Décret. || Les arrêts d'un critique. Critique, jugement. || Un arrêt dicté par la jalousie.
10 Ce sont arrêts du sort qu'on ne peut empêcher.
La Fontaine, Fables, XI, 10.
11 (…) vous prononcerez un arrêt si cruel ?
Racine, Andromaque, I, 4.
12 (…) l'arrêt dicté par la fureur.
Hugo, Odes, I, 3, 2.
13 (…) de par les arrêts du goût et de l'esthétique.
G. Sand, François le Champi, Avant-propos, p. 11 (Gasnier).
14 (…) Aziyadé attentive au moindre signe de sa vieille amie, et dévorant ses paroles comme les arrêts divins d'un oracle.
Loti, Aziyadé, III, 28.
CONTR. V. Marche, mouvement. — Continuation.
DÉR. Arrêtiste.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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